Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/03/2013

Le conclave et les médias

Notes pour "regard chrétien sur le monde" du mardi 12 mars sur rcf jérico :

DSC07721.jpg

DSC07823.jpg

DSC07727.jpg

DSC07805.jpg

DSC07806.jpg

Aujourd’hui, les cardinaux entrent en conclave. Ils s’installeront dans un appartement de la maison Sainte Marthe d’où ils se rendront plusieurs fois par jour à la chapelle Sixtine jusqu’à ce qu’un nouveau pape soit élu. Ils ne communiqueront pas avec l’extérieur avant le résultat final. Cette procédure est absolument contraire à la façon de fonctionner de nos sociétés contemporaines, avides d’évènements sensationnels,  et il existe un décalage incroyable entre la réalité des faits et la façon dont elle est traitée par les médias.

J’étais à Rome la semaine dernière. Ce qui m’a frappée, c’était le nombre de projecteurs déjà braqués en permanence sur le parvis de Saint Pierre, le nombre des journalistes postés constamment en sentinelle. Et pourtant, il ne se passait rien, et rien ne pouvait encore se passer ! Les cardinaux travaillaient sagement en congrégations, les pèlerins vivaient pleinement la vacance du siège apostolique, l’âme un peu désemparée. Les grand panneaux lumineux à l’entrée des musées du Vatican rappelaient aux visiteurs distraits sous un blason du Vatican vide : « apostolica sedes vacans ». On sentait bien que quelque chose était troublé, que tout n’était pas comme d’habitude. Mais ce qui était changé n’avait rien à voir avec un événement people ou un remue-ménage médiatique, bien au contraire. C’était une absence qui remplissait le cœur.

Il en est de même pour l’élection proprement dite du nouveau pape. Que peuvent comprendre à cette élection les journalistes habitués à des campagnes électorales, à des groupes de pressions, à des débats houleux ?

Pendant les congrégations précédant le conclave, tous les cardinaux ont pu s’exprimer. Toutes les questions, même les plus difficiles, ont été abordées. Un état des lieux de l’Église a assurément été dressé. Et même si certaines interventions ont pu s’opposer, et c’est humain, et c’est heureux, il paraît tout aussi certain que chacun essaie d’être sincère et  pense à son vote en son âme et conscience. 

Les médias parlent encore de progressistes et de conservateurs à l’image des partis politiques. Or, tous les cardinaux ont été nommés par Jean Paul II ou par Benoit XVI. Il y aura donc inévitablement, chez le prochain pape, une continuité de pensée ainsi qu’une grande proximité spirituelle et le même souci de conduire l’Eglise, de transmettre son enseignement.

En effet l’Eglise est avant tout une famille et le conclave une assemblée fraternelle. L’accord qui se trouvera au fil des scrutins est aussi le fruit de la prière, de la vie de frères au sein d’une même famille, avec ses tensions mais aussi son lien très fort. Comment les média, qui font tout pour ignorer la réalité de la cellule familiale pourraient comprendre cela ?

Alors, c’est dans la sérénité que nous attendons le dénouement de cette élection pas comme les autres.

06/02/2013

L'écologie selon Saint Ephrem

ephrem,ninive,syrien,écologie,nature,dieu

Alors que la nature commence doucement à bourgeonner malgré le froid, je voudrais vous parler d'écologie.

Il est habituel de dire que l’écologie est une idée biblique. En effet, dès le premier chapitre de la Genèse, Dieu dit : « Emplissez la terre et soumettez-la; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre » et plus loin, Dieu demande à l’homme de nommer tous les animaux. Mais savez–vous que les commentaires et discussions sur l’attitude de l’homme par rapport à la nature sont très anciens ?

Tous les Pères de l’Eglise, dès les premiers siècles ont trouvé dans la création un reflet de la grandeur de Dieu. Comment ne pas être émerveillé devant la beauté d’un paysage, d’un coucher de soleil ? Comment ne pas comprendre la place de l’homme, si petit devant cette création et à la fois si grand, parce qu’il peut la contempler.

Malheureusement, je ne suis pas sûre que pour un enfant citadin d’aujourd’hui, l’œil attiré par les écrans de télévision ou d’ordinateur, cela soit une réalité aussi parlante. Les catéchistes peuvent en témoigner. Le premier travail d’une attitude chrétienne écologique est sans doute de retrouver l’émerveillement face à la nature !

Pour Saint Ephrem par exemple, Père de l’Eglise qui vécu dans l’actuelle Syrie au IVème siècle, le monde naturel se tient à côté de l’Écriture comme témoin de Dieu. Il dit :

La nature et son livre témoignent pour le Créateur,
La nature par son usage et le livre par sa lecture.*

Pour Saint Ephrem, l’usage que l’homme fait de la nature est le lieu où s’exerce son libre arbitre. La façon dont l’homme se comporte vis a vis de la création et celle dont il en use reposent sur sa responsabilité. Une attitude juste consiste donc non seulement à admirer, à rendre grâce ; mais fait également attention, à déchiffrer les innombrables symboles que la nature nous livre, tout comme pour l’Ecriture.

C’est ce que fait Jésus quand il dit : « Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. » (Mt. 6)

Bien au contraire, une attitude fausse envers la nature ira toujours de paire avec l’avidité, l’arrogance. Plus encore, le mal moral trouble l’harmonie de l’ordre naturel, et Saint Ephrem de poursuivre :

Le bourgeonnement des épines témoigna
Pour le bourgeonnement des mauvaises actions,
Car elles n’avaient pas encore bourgeonné
Tant que le mal n’avait pas encore jaillit ;
Quand les choix mauvais et cachés y ont jailli,
Faits par la liberté, les épines visibles
Alors ont commencé à jaillir de terre.*

Dominer la création, c'est l'exploiter pour les besoins de tous,  sans l'abîmer pour prendre en compte les besoins de demain.  La nature est le signe de la présence de Dieu. C’est pourquoi nous devons en user avec révérence.

* (extraits de l'oeil de lumière, la vision spirituelle de Saint Ephem, de Sébastian Brock)

03/01/2013

Très Bonne Année 2013

bonne année,bénédiction,souhait

Le pont des arts et ses cadenas d'amour - Paris

Tout d’abord, laissez-moi vous souhaiter une très bonne année, remplie de joie et de paix pour votre famille et vos proches, une année sous le regard du Seigneur, une année qui vous ouvre toujours davantage à son alliance.

En formulant ces vœux, je me suis vraiment demandé : que fait-on quand on souhaite la bonne année ? Comment pouvons-nous, en temps que chrétien, renouveler notre façon d’exprimer nos vœux, où tout du moins, notre façon de les habiter d’un souhait réel et pleinement vécu.

Par certains côtés, le souhait s’apparente à la bénédiction. Dans la bible, le terme bénir apparaît un nombre considérable de fois.

C’est souvent dire du bien de quelqu’un, le louer. Louer Dieu, bien sûr, « Bénis le Seigneur, ô mon âme » comme le disent les psaumes ou bien louer les hommes par lesquels se manifeste cette force de Dieu.

Mais bénir, c’est aussi revêtir celui que l’on béni d’une force de vie, de salut, par une parole irrévocable. C’est ainsi que l’on peut comprendre la bénédiction d’un père mourant à ses enfants comme celle du patriarche Jacob, qui,  bénissant ses enfants, instaure les douze tributs d’Israël (Gn 49, 1-28).

Et je ne peux résister au plaisir de citer, dans le livre des Nombres (6, 23-27), cette très belle bénédiction que le Seigneur dicte à Moïse pour qu’il la transmette à Aaron et ses fils afin qu’ils bénissent le peuple :

Et le Seigneur dit à Moïse :
« Voici comment Aaron et ses descendants béniront les fils d'Israël :
Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu'il se penche vers toi !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix !'
C'est ainsi que mon nom sera prononcé sur les fils d'Israël, et moi, je les bénirai. »

Quel beau modèle de bénédiction à transmettre pour que le fait de bénir se perpétue, qui rappelle merveilleusement que toute bénédiction vient de Dieu et que nous n’en sommes que les transmetteurs.

Saint Paul, dans la lettre aux Romains (1,7) le dit expressément :

Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ !

Ainsi, quand nous nous souhaitons la bonne année, c’est peut-être cet état d’esprit qui devrait nous habiter. Dans la mesure où elle vient de Dieu pour retourner à Dieu, notre parole sera une parole forte et efficace, une vraie parole vivante.

Alors, encore une fois et de tout cœur, bonne année !

Notes pour "regard chrétien sur le monde" du 2 janvier sur rcf Jerico

15/12/2012

Du couple

Notes pour "regard chrétien sur le monde" du lundi 10 décembre sur rcf jérico :alliances.jpg

Étant donné les projets de loi sur le mariage pour tous, il est bien souvent question du couple dans l’actualité.

Que les chrétiens défendent le mariage entre un homme et une femme est normal et même souhaitable. Tout ceci est en accord avec la pensée biblique et la longue tradition de l’Église.

Néanmoins, la défense du mariage entre un homme et une femme ne doit pas nous faire perdre de vue que chaque époque doit redéfinir ce que représente pour elle un mariage chrétien. La place de la femme ayant considérablement évolué tout au long du XXème siècle, il est évident que l’idéal du mariage a lui même changé.

Les questions qui se posent à nous, chrétiens d’aujourd’hui, c’est de savoir comment donner envie aux jeunes de fonder un couple véritablement chrétien ; c’est de savoir comment aider ces jeunes couples à se construire, à durer dans le temps. Sans ce désir fondamental de bâtir quelque chose de réel, un couple ne peut durer.

Alors, comment donner envie de construire un couple. Il faut pour cela que toutes les ressources de la personne soient mobilisées, que l’imaginaire soit nourrit,

Et pour cela, le couple a besoin, à chaque époque, d’être redéfinit.

Fonder un mariage uniquement parce que cela est inscrit dans la loi naturelle est beaucoup trop court et ne peut séduire des jeunes générations qui ont envie de vivre d’un idéal et d’être des bâtisseurs.

La préparation au mariage a fait d’énormes progrès et est souvent bien faite, il ne reste pas moins qu’une fois mariés, les couples sont livrés à eux-mêmes. Ne serait-il pas nécessaire d’accompagner les couples, notamment dans les premières années du mariage, là où les divorces sont les plus nombreux.

D’autres questions se posent aux couples modernes. La durée de vie augmente et les couples sont amenés à exister beaucoup plus longtemps. Il ne faut pas oublier qu’il y a quelques siècles, l’espérance de vie d’un couple était d’une douzaine d’années en moyenne car la mort les séparait prématurément.  Là aussi, cela donne matière à réflexion. Comment faire évoluer un couple, quelles sont les étapes dans un chemin de sainteté, l’un par l’autre, l’un avec l’autre. Comment évoluer ensemble et ainsi durer.

Il est indéniable que Jean Paul II a amorcé une réflexion théologique sur la sexualité du couple. Mais je crois sincèrement qu’il faudrait un travail théologique beaucoup plus poussé et plus pour redéfinir les contours du couple dans nos sociétés post-modernes. Ce travail ne peut être uniquement le fait de prêtres ou de religieux et de religieuses parce qu’ils n’ont pas l’expérience vécue de la vie de couple. Néanmoins, ils en ont une approche théologique souvent pertinente avec un vocabulaire adéquat. Le travail ne peut se faire que main dans la main, celles de théologiens et celle de personnes dont le mariage est la vocation, qui en ont l’expérience vécue même s’ils n’ont pas l’habitude de la formuler.

Si la défense du mariage entre un homme et une femme nous donne l’occasion de progresser dans notre propre définition du mariage, alors le combat n’aura pas été vain !

De l’obsolescence programmée à l’euthanasie ?

Notes pour "regard chrétien sur le monde" du 6 novembre sur rcf jérico :

retraite.jpg

L’obsolescence programmée est l’ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie d’un produit dans le seul but d’en augmenter la consommation. C’est le fait de limiter volontairement la durée de vie d’un objet alors que la technologie permettrait de le faire durer.

Je viens d’en faire la pénible expérience avec un lave-vaisselle, qui, comme par hasard, juste après la fin de la garantie, est tombé en panne. Ma recherche sur internet, là où des bricoleurs chevronnés vous donnent des tuyaux pour réparer l’irréparable, s’avéra infructueuse. Toutes les machines de cette marque, (j’en tairai pudiquement le nom) terminaient avec exactement les mêmes symptômes. Les pièces étaient en parfait état de marche, mais une programmation pernicieuse rendait la machine irrémédiablement inutilisable.

L'obsolescence programmée vise la surconsommation, indépendamment de l'état de fonctionnement effectif des produits mis au rebut,  indépendamment de l'état d'usure des objets. Elle a un impact écologique évident.

Avec la révolution numérique, l’accélération de l’obsolescence programmée devient phénoménale. On change son ordinateur, non parce qu’il ne marche plus, mais simplement parce qu’il devient trop lent, à cause des mises à jour et des logiciels trop gourmands. Avec l’ordinateur, on change le chargeur et un bon nombre de logiciels devenus inutilisables.

Pire, on trouve son téléphone moche, et il nous faut le nouveau modèle. Cela aussi, c’est voulu par le constructeur et c’est de l’obsolescence programmée !

Insidieusement, nous nous habituons à de tels comportements. Comment s’étonner alors que nous ne soyons pas tentés de les appliquer au vivant. Nous ne sommes plus en état de marche ? Nous ne répondons plus aux normes d’une société toujours plus exigeante ? Nous sommes devenus trop vieux, trop lents ? Alors une seule solution, nous éliminer et le plus vite possible. Sommes-nous donc devenus des objets bons à jeter ?

Avant de rêver un temps où les objets dureraient indéfiniment, où on pourrait réparer ceux qui tomberaient en panne, où on réduirait enfin nos déchets dans un grand respect de la nature et de ses matières premières; peut-être pourrions nous déjà respecter la vie sous toutes ses formes. En effet, il nous appartient à nous chrétiens de défendre les propriétés du vivant qui demandent de la lenteur, de la maturation, du droit à la différence, du respect de la singularité et de la faiblesse. Alors seulement, en retrouvant ce qui fait véritablement l’humain, nous pourrons dépasser cette folie consumériste qui nous entoure!