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06/01/2015

La galette

Notes pour le regard chrétien de janvier sur rcf Jérico :

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Calendrier oblige, aujourd’hui, nous allons parler de la galette, cette belle tradition populaire.

Elle a longtemps été fêtée le 6 janvier, ce qui est encore le cas dans certains pays. Douze jours la séparant de Noël. En France elle est fixée au premier dimanche de l’année.

Elle permet des réunions de famille animées, le plus jeune est ravi d’aller se cacher sous la table pour nommer tous les convives sans en oublier aucun. La galette est coupée en parts égales, ce qui permet à chacun d’avoir la même chance. Certaines traditions comptent toujours une part de plus pour le pauvre qui peut partager ainsi la table au même titre que tous ceux qui sont invités.

Tous sont vraiment égaux dans le suspens qui désignera le roi, roi bien éphémère à la couronne de carton. Néanmoins, cette royauté-là fait chaud au cœur ‼ Et jeune ou vieux, pauvre ou riche, homme ou femme, chacun peut être élevé à la dignité royale. Évidemment, cette dignité ne donne aucun pouvoir mais celui qui reçoit la couronne en est tout illuminé.

C’est une bien jolie tradition qui mêle à la fois la recherche du trésor caché, le fait que nous soyons tous également des rois en puissance mais certainement pas les rois d’un royaume terrestre, qui n’est pas plus définitif que nos couronnes de carton. Voilà bien des symboles chrétiens. On peut y ajouter également la forme de la galette toute ronde et toute dorée.

Au départ, la fève, une simple graine séchée, chose commune, renforçait encore le message. Actuellement, la surenchère des fèves plus précieuses mais souvent beaucoup plus profanes, fait perdre un peu de la signification évangélique de la galette…

Une ancienne tradition connue en Meuse et aussi en Moselle voulait que le roi d’un jour, offre la galette le dimanche suivant. Le roi d’un jour régalait sa cour le dimanche suivant. Cependant il allait le visage noirci. Roi de lumière un dimanche, roi des ténèbres le suivant ‼

Ce qui est sûr, c’est qu’une galette appelle toujours une autre galette…

Et ça, nous les savons bien, quand nous comptons fin janvier toutes celles à qui nous avons fait honneur ‼ 

05/12/2014

Le blog des affaires culturelles du diocèse de Nancy

Notes pour le regard chrétien de décembre sur rcf Jérico :

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Connaissez-vous le blog des affaires culturelles du diocèse de Nancy. C’est un nouveau blog qui a débuté il y a quelques mois. Affaires culturelles n’est plus tout à fait l’appellation exacte.

La conférence des évêques de France a créé l’observatoire culture et foi. Cette appellation exprime bien la volonté de mettre en relation la culture passée et contemporaine avec la foi.

Depuis toujours, la culture et le culte ont eu des relations, tantôt cordiales et unies tantôt conflictuelles. Les deux mots « culte » et « culture » ont d’ailleurs la même étymologie : ils dérivent tous deux du verbe latin « colere » qui veut dire cultiver.

Faire dialoguer la culture d'aujourd'hui, y compris dans ses racines historiques, et le culte catholique, jusque dans ses dimensions et implications culturelles, tel est le but visé par le blog des affaires culturelles du diocèse de Nancy et de Toul.

Alors, qu’y a-t-il dans ce blog ? Vous pourrez y lire des vies de saints lorrains comme saint Pierre Fourier ou Saint Mansuy.  Et vous apprendrez peut-être que le bienheureux Antoine de Ravinel, béatifié en 1926 était originaire de Bayon. C’est par leur exemple que nos ainés dans la foi nous encouragent. Sans les connaître, comment demander leur protection ou leur intercession ?

Ce blog présente aussi le patrimoine de la Lorraine.

Parmi les derniers articles publiés, l'implantation des jésuites à Nancy est évoquée par plusieurs diaporamas. Peut-être serrez-vous surpris par le riche passé de bâtiment que vous côtoyez tous les jours ?

J’y ai aussi remarqué la première chronique de film.

Quelques annonces de manifestations culturelles complètent cette première prise de contact avec ce blog.

Qui s’occupe de ce blog ? Pour notre diocèse, le délégué épiscopal aux affaires culturelles est le père Jacques Bombardier. Mais il n’est pas le seul contributeur de ce blog. Une petite équipe a commencé à travailler. Et tout article qui concerne la culture dans notre diocèse peut être proposé.

Pour trouver le blog sur internet, taper dans votre moteur de recherche : foi, culture, Nancy ; Il ne manquera pas d’apparaître. Son adresse exacte est :

http://foi-culture-nancy.hautetfort.com

Vous pouvez également vous abonner à la Newsletter, la lettre mensuelle qui vous tiendra au courant de tous les articles du mois écoulé.

 

03/12/2014

Le culte des saints et des morts dans l’Antiquité tardive.

Notes pour le regard chrétien de novembre sur rcf Jérico :

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arles, marseille, cesaire, honorat, hilaire

Pendant ces vacances de Toussaint, je suis allée sur les traces des Pères de L’Église de Provence. Il reste beaucoup de vestiges archéologiques de cette époque appelée l’Antiquité tardive.

Une fois les persécutions des Chrétiens terminées sous Constantin, on a commencé, dès le IVème siècle, à bâtir des églises. La Provence, lieu précoce d’évangélisation chrétienne est particulièrement riche en vestiges archéologiques. Certains sont connus depuis longtemps comme la basilique Saint Victor de Marseille ou le baptistère d’Arles, mais d’autres ont été découverts ces dernières années. Un excellent exemple en est la basilique de la rue Malaval à Marseille. Ignorée pendant des siècles, elle a été découverte par hasard lors du creusement d’un parking souterrain. Elle est dans un bon état de conservation. Comme toutes les basiliques funéraires de cette époque, une mémoria est installée dans le fond de l’abside. Ce lieu de mémoire est constitué de sarcophages de saints particulièrement  vénérés. Ce sont d’abord des martyrs pour leur foi, puis les premiers évêques ou bien encore des moines ou moniales. Dans ce cas précis de la basilique de la rue Malaval, on ne sait pas de qui il s’agit. Mais les plaques de marbre décoré qui entourent et protègent les sarcophages sont conservées. Les corps saints suscitent le regroupement de beaucoup de sépultures et sarcophages tout autour. Il y en a tellement eu, qu’ils ont été empilés sur deux couches.

Un grand autel, accueillant des reliques, est aussi dressé pour y célébrer l’eucharistie. Dans le cas de cette basilique, on y décèle encore les plaques de soutènement avec leurs encoches pour les pieds.

On voit bien que dès les premiers siècles, l’intercession des saints est demandée pour les défunts. On approche dans ce but les sépultures le plus près possible de la tombe du saint vénéré. Mais on ne compte pas seulement sur l’intercession des saints ; dans une vraie communion des saints, on demande aussi la prière instante des vivants. Un autel est dressé afin de célébrer l’eucharistie, sacrement par excellence de l’intercession. C’est exactement ce que vient de nous faire vivre la liturgie. Nous fêtons d’abord la Toussaint, puis, bien conscients de cette communion des saints, nous prions tous ensemble, dans la communion, les saints aux ciels et nous sur la terre afin d’intercéder pour tous ceux qui ne sont pas encore saints, pour qu’ils accèdent aussi à la Gloire éternelle.

 

Vous pourrez admirer cet édifice dans le tout nouveau musée d’histoire de la ville de Marseille où il a été intégralement reconstitué. Ce musée de conception innovante est un vrai régal. De grands écrans interactifs donnent des explications tout à fait pointues mais néanmoins très pédagogiques tout au long du parcours. Un vrai enrichissement pour notre foi.

02/09/2014

Se détacher de ce qui est inutile

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La suite de la bande dessinée est ici

Voilà que la rentrée revient, avec son cortège de bonnes résolutions, pas toujours longtemps tenues, il est vrai. Néanmoins, nos résolutions maladroites ou utopistes marquent notre  volonté de commencer l'année de façon nouvelle, plus épurée, plus allégée. 

Et si une des meilleures manières d’entrer dans ce nouveau temps était encore de ranger, d’organiser nos lieux de vie.  

Moi qui essaie de m’y astreindre depuis quelques jours, je peux vous dire, quel travail ! 

Si vous êtes fait de la même pâte que moi, vous comprendrez aisément ! le moindre objet rappelle une multitude de souvenirs, d’expériences vécues, de visages croisés… Alors quoi faire ! On ne vit pas dans des états passés et il faut apprendre, sans les renier le moins du monde, à les laisser là, dans notre souvenir et surtout, à en désencombrer notre présent.  

Tout ce qui ne sert plus doit être débarrassé. Évidemment, il faut le faire avec discernement, donner ce qui doit être donné, recycler ce qui peut l’être, trier ce qui peut encore servir. Et le reste, une seule solution, jeter… Ahh, c’est là que pour un Lorrain, c’est difficile. Le Lorrain ne jette pas ! Ça peut toujours servir ! Mais non. Nous sommes dans une société de consommation. L’appareil détérioré ne retrouvera jamais une seconde vie. Bien sûr, il réchauffait mon cœur quand il m’accompagnait fidèlement. Et pourtant, sa nouvelle direction, c’est la déchèterie. Il est urgent de savoir se détacher, se détacher de ce qui n’a plus lieu d’être. 

Se dépouiller, n’est ce pas une vertu chrétienne ?  

Se désencombrer, croyez moi, cela fait autant de bien à son environnement immédiat qu’à son intériorité. Quitter ce qui est superflu, éphémère. Se débarrasser de ce qui est vain ! Je crois que c'est absolument nécessaire pour vivre pleinement le présent. Jésus à bien dit : "Laissez les morts enterrer les morts !" 

Ce qui ne porte plus de fruit doit être coupé pour nous rendre disponible à ce qui vient, à la nouveauté, à la rencontre. 

Et puis, pour avoir moins de ménage à faire l'année prochaine, évitons de nous encombrer, purifions nos vies de ce qui n'est pas nécessaire et sachons transmettre. Ce livre nous a accompagné un bout de chemin, il a été notre nourriture pour un temps, offrons le  à quelqu'un à qui il sera utile. Ne nous attachons pas inutilement. 

C'est ainsi qu'allégés nous aborderons la rentrée près à vivre avec intensité l'instant présent. 

Alors, belles résolutions, bons rangements et bonne rentrée. 

 

08/04/2014

Le pardon, facteur de résilience

Notes pour le regard chrétien du 8 avril sur rcf Jérico :

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Le pardon, sujet de carême par excellence, est l’objet de réflexions théologiques depuis de nombreux siècles. Les pères de l’Église en soulignent déjà sa valeur et ce n’est pas pour rien qu’il est un sacrement.

Tout le monde sait bien que la fréquentation de ce sacrement est en régression. Et pourtant, au même moment, depuis les années quatre vingt, des chercheurs en sciences psychologiques étudient l’effet du pardon comme un des facteurs possibles de reconstruction d’une personne gravement offensée et la reprise de son développement après un traumatisme destructeur. L’ensemble de ce processus, prises de conscience, pardon et reconstruction est appelé résilience.

Toutes ces recherches ont permis de mieux cerner ce qu’est le pardon et ce qu’il n’est pas. Essayons d’y voir un peu plus clair.

Quel est le mécanisme le plus fréquent après une offense ? Et bien, c’est celui du déni. On fait comme si de rien n’était, comme si rien ne s’était passé. Mais effacer le passé, faire comme si il n’avait pas eu lieu n’est pas pardonner. La blessure oubliée laisse des cicatrices, parfois à l’insu de celui qui est victime et celui-ci aura tendance à reproduire des situations analogues. Le pardon n’est pas l’oubli. A contrario, ressasser sans cesse ce qui nous a blessé n’est pas une solution. Si trop de mémoire est destructeur, trop d’oubli l’est tout autant.

Alors, le pardon est-il synonyme de réconciliation ? Pour qu’il y ait réconciliation, il faut que l’offenseur accepte de changer, exprime ses excuses. Ce n’est pas si fréquent. Le pardon concerne donc d’abord l’offensé. Pouvoir pardonner, c’est se sentir libre du traumatisme de l’offense. 

Avant le pardon, y a-t-il nécessairement une phase de haine ? Un véritable pardon ne passe pas à côté de la colère mais il passe par elle. La haine est un bon mécanisme de défense. Quand l’offense est trop forte, la colère ou la haine a pour but de conserver ce qui reste de sens. Ces émotions permettent de sortir du passé. Dans un premier temps, elles sont source d’énergie pour combattre les situations traumatiques et faire face à l’avenir.

A long terme cependant, et si tous les évènements de la vie viennent nourrir ce sentiment, la haine est destructrice, elle peut se transformer en vengeance.

Alors, comment dissoudre cette haine ? Il s’agit, petit à petit, pas à pas, de penser autrement l’offense et surtout l’offenseur, d’y voir un homme limité, prisonnier de ce qu’il est, avec ses blessures et ses faiblesses. Pour cela, l’entourage aimant de l’offensé est indispensable. S’il a quelqu’un qui l’écoute, qui comprend la situation traumatique qu’il a vécu, alors la reconstruction devient possible et le pardon peut être donné. C’est néanmoins un processus qui nécessite du temps. On ne peut se débarrasser facilement de ses résistances. Il faut en prendre conscience, les accepter et les laisser fondre d’elles-mêmes.

Se savoir pardonné dans le sacrement de réconciliation permet incontestablement de se sentir aimé, de puiser l’énergie nécessaire pour pardonner à notre tour. Grâce au pardon donné et reçu, nous pouvons intégrer notre propre passé et nous projeter librement et consciemment vers l’avenir.