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30/05/2015

Le Pape François et l’engagement politique.

Regard chrétien de mai

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Jeudi 30 avril, devant des milliers de laïcs italiens du mouvement ignacien CVX réunis en congrès, le pape François a rappelé qu’il appartenait aux catholiques de s’engager en politique.

Comme il a eu raison ! Voilà ce qu’il a dit : « Faire de la politique est important, la petite comme la grande ! On peut devenir saint en faisant de la politique. »

Il a rappelé que de nombreux catholiques ont fait une politique belle et propre, une politique de service.  C’est notamment le cas des fondateurs de l’Europe, Robert Schuman, dont le procès en béatification est en cours et Alcide De Gasperi. Mais c’est aussi le cas de beaucoup de personnes qui ont accepté de donner de leur temps, de leur énergie au service des autres en supportant vaillamment tous les désagréments de leurs fonctions électives. C’est ce que le pape appelle, avec son bon sens coutumier, la petite et la grande politique. Il souligne que c’est « chercher le bien commun dans les petites choses »

Bien sûr, et il fallait le rappeler, il n’est pas question de « fonder un parti catholique » parce que l’Eglise n’est pas un parti politique. Il y a en effet différentes façons pratiques d’incarner les valeurs du christianisme et aucun parti ne peut prétendre seul à les défendre.

Tous les derniers papes ont défendu l’engagement politique, mais le pape François le fait à sa manière, avec le réalisme qui lui est propre. Il n’en fait pas un idéal abstrait. Non, il reconnaît que c’est un engagement difficile dans un milieu rude et souvent corrompu.

Il dit de cet engagement : « une sorte de martyre, un martyre quotidien : celui de la recherche du bien commun, sans se laisser corrompre, (…) à travers des petites choses, des choses minuscules, petit à petit ».

La tentation de se préserver du péché a longtemps prévalu dans l’Eglise. Saint Hilaire de Poitiers, dans son commentaire du premier psaume dit en parlant de ceux qui exercent une fonction publique : « Bien qu’ils mettent un soin scrupuleux à accomplir leurs devoirs et se montrent bienveillants et respectueux, ils sont nécessairement contaminés par une sorte de contact malsain avec les questions qu’ils traitent. »

Le pape est bien conscient de la difficulté de prendre des décisions politiques justes, il est bien conscient que la peur de se tromper nous paralyse. Avec son solide sens de l’action et de l’incarnation, il nous recommande : « Allez-y, demandez au Seigneur de vous aider à ne pas pécher, et si vous avez les mains sales, demandez pardon et allez de l’avant. Mais faites, faites… »

On reconnaît bien là la manière du notre pape, aucun acte que nous posons ne peut être complètement pur, mais notre action, en temps que chrétien, dans les temps troublés où nous sommes, est indispensable au bien commun.