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08/04/2014

Le pardon, facteur de résilience

Notes pour le regard chrétien du 8 avril sur rcf Jérico :

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Le pardon, sujet de carême par excellence, est l’objet de réflexions théologiques depuis de nombreux siècles. Les pères de l’Église en soulignent déjà sa valeur et ce n’est pas pour rien qu’il est un sacrement.

Tout le monde sait bien que la fréquentation de ce sacrement est en régression. Et pourtant, au même moment, depuis les années quatre vingt, des chercheurs en sciences psychologiques étudient l’effet du pardon comme un des facteurs possibles de reconstruction d’une personne gravement offensée et la reprise de son développement après un traumatisme destructeur. L’ensemble de ce processus, prises de conscience, pardon et reconstruction est appelé résilience.

Toutes ces recherches ont permis de mieux cerner ce qu’est le pardon et ce qu’il n’est pas. Essayons d’y voir un peu plus clair.

Quel est le mécanisme le plus fréquent après une offense ? Et bien, c’est celui du déni. On fait comme si de rien n’était, comme si rien ne s’était passé. Mais effacer le passé, faire comme si il n’avait pas eu lieu n’est pas pardonner. La blessure oubliée laisse des cicatrices, parfois à l’insu de celui qui est victime et celui-ci aura tendance à reproduire des situations analogues. Le pardon n’est pas l’oubli. A contrario, ressasser sans cesse ce qui nous a blessé n’est pas une solution. Si trop de mémoire est destructeur, trop d’oubli l’est tout autant.

Alors, le pardon est-il synonyme de réconciliation ? Pour qu’il y ait réconciliation, il faut que l’offenseur accepte de changer, exprime ses excuses. Ce n’est pas si fréquent. Le pardon concerne donc d’abord l’offensé. Pouvoir pardonner, c’est se sentir libre du traumatisme de l’offense. 

Avant le pardon, y a-t-il nécessairement une phase de haine ? Un véritable pardon ne passe pas à côté de la colère mais il passe par elle. La haine est un bon mécanisme de défense. Quand l’offense est trop forte, la colère ou la haine a pour but de conserver ce qui reste de sens. Ces émotions permettent de sortir du passé. Dans un premier temps, elles sont source d’énergie pour combattre les situations traumatiques et faire face à l’avenir.

A long terme cependant, et si tous les évènements de la vie viennent nourrir ce sentiment, la haine est destructrice, elle peut se transformer en vengeance.

Alors, comment dissoudre cette haine ? Il s’agit, petit à petit, pas à pas, de penser autrement l’offense et surtout l’offenseur, d’y voir un homme limité, prisonnier de ce qu’il est, avec ses blessures et ses faiblesses. Pour cela, l’entourage aimant de l’offensé est indispensable. S’il a quelqu’un qui l’écoute, qui comprend la situation traumatique qu’il a vécu, alors la reconstruction devient possible et le pardon peut être donné. C’est néanmoins un processus qui nécessite du temps. On ne peut se débarrasser facilement de ses résistances. Il faut en prendre conscience, les accepter et les laisser fondre d’elles-mêmes.

Se savoir pardonné dans le sacrement de réconciliation permet incontestablement de se sentir aimé, de puiser l’énergie nécessaire pour pardonner à notre tour. Grâce au pardon donné et reçu, nous pouvons intégrer notre propre passé et nous projeter librement et consciemment vers l’avenir.

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