Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/12/2013

L'attente avec le Cardinal Newman

Notes pour le regard chrétien du 10 décembre sur rcf Jérico :

DSC01636.JPG

DSC01641.JPG

DSC01651.JPG

 L’avent est le temps de l’attente. Je me souviens de ce temps chez ma grand-mère alsacienne. Nous préparions toutes sortes de petits gâteaux de Noël, les Bredle, dans toutes leurs variantes, à l’anis, à la cannelle, les spritzbredle, de toutes les formes et aux décors variés.

Il était défendu d’en manger avant Noël car ils étaient réservés à la veillée, avec une boisson chaude et des clémentines, au retour de la messe. Le reste serait offert aux visiteurs qui viendraient joyeusement souhaiter la nouvelle année. Néanmoins, de temps en temps, notre grand-mère nous entrainait dans la pièce froide, celle qu’on ne chauffait pas parce qu’elle était réservée uniquement aux grandes occasions, elle y cachait sa production, dans de grandes boites métalliques, en haut d’une armoire, et nous sortait un seul biscuit, juste pour goûter et parce que nous avions été très sage. Malgré un vague sentiment d’interdit et de mystère, quel plaisir ! On le laissait fondre tout doucement dans la bouche, avant goût de Noël, prémisses du temps d’après où tout serait changé.

Avons nous encore ce goût de l’attente ? Curieusement, ces petits gâteaux qui se sont largement importés en Lorraine sont appelés maintenant petits gâteaux de l’Avent, comme par hasard !!! Cela aurait fait bondir ma grand-mère, mais c’est un signe. Il faut profiter de tout, tout de suite et en abondance.

Je crois qu’il n’y a pas de petites choses au regard de Dieu, c’est dans notre quotidienneté que ce révèle notre profondeur humaine. Celui qui a merveilleusement parlé de l’attente, avec tout le poids de notre pâte humaine, c’est le bienheureux John Henry Newman et je ne résiste pas au plaisir de vous lire cet admirable extrait des sermons paroissiaux. Écoutez plutôt !

« Savez-vous ce que l’on ressent dans la vie courante lorsqu’on attend un ami, que l’on guette sa venue et qu’il tarde ? Savez-vous ce que c’est que d’être dans l’angoisse d’une chose qui pourrait se produire ou dans l’incertitude d’un événement important qui vous fait battre le cœur dès qu’on vous le rappelle, qui revient comme votre première pensée du matin ? Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami, loin à l’étranger, d’attendre de ses nouvelles et de se demander jour après jour ce qu’il fait maintenant et s’il va bien ? Savez-vous ce que c’est que de vivre attaché à quelqu’un que vous suivez des yeux, dans l’âme de qui vous pouvez lire, dont vous remarquez les changements dans le maintien, dont vous anticipez les désirs, avec qui vous échangez les sourires et de qui vous partagez la tristesse, peiné quand il est contrarié, joyeux quand il réussit ? Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment analogue à ceux-là dans la mesure où les sentiments de ce monde peuvent donner une image de ceux de l’autre. »

Vivons ce dernier temps d’attente avec cette densité, cette attention et très certainement Noël nous surprendra alors par sa fraicheur et son renouvellement. Joyeuse attente !

Les commentaires sont fermés.