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19/11/2013

La diététique avec Jean Cassien

Notes pour le regard chrétien du 19 novembre sur rcf Jérico :

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Aujourd’hui, je vais vous parler de la diététique avec Jean Cassien. A première vue, cela semble impossible ! La diététique, c’est une conception moderne, saint Jean Cassien, c’est un moine du 4ème siècle, père de l’Église : quel anachronisme ! Et pourtant…

Saint Jean Cassien est effectivement un moine du 4ème siècle. C’est même un moine globe trotter.  Né vraisemblablement dans l’actuelle Roumanie, il se forme à la vie monastique en Palestine puis en Égypte. Passant par Rome, il arrive à Marseille. A la demande de l’évêque d’Apt, il écrit son expérience de la formation monastique pour tous les solitaires de la région. Et c’est pour cela que nous avons ses conseils en matière de régime alimentaire, d’ascèse alimentaire devrait-on dire. La nourriture étant le lieu de toutes les perversions.

Cassien se montre extrêmement mesuré et plein de bon sens. Il constate d’abord que les besoins ne sont pas du tout les mêmes suivant les individus. Certains ont besoin d’une quantité d’aliments bien supérieure aux autres. Certains ont besoin de viande pour rétablir leurs forces, pas les autres. Alors, quoi dire pour pratiquer une ascèse ?

Notre père de l’Eglise va alors donner trois points d’attention fort intéressants :

-  le premier, il s’agit de ne jamais devancer l’heure de son repas. Quoi de plus tentant, et ceux qui vivent seuls le savent bien, que de manger selon le caprice du jour, avant, après, entre les repas.  Non, pour organiser sa journée, il faut la rythmer par des repas pris à heures régulières, ainsi, toutes les autres activités pourront prendre place et la vie de prière sera possible sans être encombrée par le soucis du repas, du questionnement, est-ce que j’ai déjà faim, pas encore, qui dénote plus une préoccupation de soi que de Dieu.

-  Dans le deuxième conseil, Cassien demande aux moines de ne pas récriminer contre le repas. Il s’agit de manger des choses simples, pas trop onéreuses afin de nourrir le plus de monde possible, en y trouvant son contentement. Quel judicieux conseil pour notre époque où la nourriture est préparée d’une façon toujours plus sophistiquée et où personne n’est jamais content !

-  Le troisième conseil concerne la quantité. Là aussi, Jean Cassien est avisé. Comme la quantité varie pour chacun, il demande simplement de rester sur sa faim. Oui, de ne pas arriver à la sensation de réplétion. Nous savons bien que si nous mangeons à satiété chaque jour, notre poids ne fait qu’augmenter, ce qui est bien mauvais pour la santé. Donc, pas de jeûnes interminables, de la modération quotidienne. Ceci dit, et comme il faut honorer ses hôtes, il permet de bien garnir la table quand nous avons un invité. Le partage du repas fait partie d’une vie fraternelle et charitable.

Curieusement, ces conseils pleins de sagesse et de modération rejoignent ceux des diététiciens actuels. Alors, si les nutritionnistes se cherchent un saint patron, qu’ils demandent à Saint Jean Cassien, ils auront un protecteur avisé !