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15/12/2012

De l’obsolescence programmée à l’euthanasie ?

Notes pour "regard chrétien sur le monde" du 6 novembre sur rcf jérico :

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L’obsolescence programmée est l’ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie d’un produit dans le seul but d’en augmenter la consommation. C’est le fait de limiter volontairement la durée de vie d’un objet alors que la technologie permettrait de le faire durer.

Je viens d’en faire la pénible expérience avec un lave-vaisselle, qui, comme par hasard, juste après la fin de la garantie, est tombé en panne. Ma recherche sur internet, là où des bricoleurs chevronnés vous donnent des tuyaux pour réparer l’irréparable, s’avéra infructueuse. Toutes les machines de cette marque, (j’en tairai pudiquement le nom) terminaient avec exactement les mêmes symptômes. Les pièces étaient en parfait état de marche, mais une programmation pernicieuse rendait la machine irrémédiablement inutilisable.

L'obsolescence programmée vise la surconsommation, indépendamment de l'état de fonctionnement effectif des produits mis au rebut,  indépendamment de l'état d'usure des objets. Elle a un impact écologique évident.

Avec la révolution numérique, l’accélération de l’obsolescence programmée devient phénoménale. On change son ordinateur, non parce qu’il ne marche plus, mais simplement parce qu’il devient trop lent, à cause des mises à jour et des logiciels trop gourmands. Avec l’ordinateur, on change le chargeur et un bon nombre de logiciels devenus inutilisables.

Pire, on trouve son téléphone moche, et il nous faut le nouveau modèle. Cela aussi, c’est voulu par le constructeur et c’est de l’obsolescence programmée !

Insidieusement, nous nous habituons à de tels comportements. Comment s’étonner alors que nous ne soyons pas tentés de les appliquer au vivant. Nous ne sommes plus en état de marche ? Nous ne répondons plus aux normes d’une société toujours plus exigeante ? Nous sommes devenus trop vieux, trop lents ? Alors une seule solution, nous éliminer et le plus vite possible. Sommes-nous donc devenus des objets bons à jeter ?

Avant de rêver un temps où les objets dureraient indéfiniment, où on pourrait réparer ceux qui tomberaient en panne, où on réduirait enfin nos déchets dans un grand respect de la nature et de ses matières premières; peut-être pourrions nous déjà respecter la vie sous toutes ses formes. En effet, il nous appartient à nous chrétiens de défendre les propriétés du vivant qui demandent de la lenteur, de la maturation, du droit à la différence, du respect de la singularité et de la faiblesse. Alors seulement, en retrouvant ce qui fait véritablement l’humain, nous pourrons dépasser cette folie consumériste qui nous entoure!

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