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03/11/2011

Comment accompagner les personnes en deuil ?

Notes pour "regard chrétien sur le monde" du jeudi 3 novembre sur rcf jérico :

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Avant-hier, nous fêtions la Toussaint, hommage joyeux à cette longue cohorte bigarrée de tous les saints et saintes, connus ou inconnus. Hier, nous avons prié pour les morts, intercédant pour eux par nos prières. Alors aujourd’hui, je voudrais vous parler plus spécialement de ceux qui restent après le décès d’un de leur proche. La question que je me suis posée est celle-ci : que pouvons nous faire pour ceux qui ont été touchés par le départ d’un des leurs.

La mort est un sujet tabou dans nos sociétés, elle est évacuée. Tout nous invite à ne jamais nous poser la question, à nous faire croire qu’elle ne nous concerne pas. Rien ne nous prépare à sa venue pourtant inéluctable. Et quand elle surgit, alors, nous sommes incités à régler les choses rapidement, sans laisser de traces, afin que la vie trépidante, insouciante et superficielle puisse reprendre au plus vite.

En réalité, il n’en est pas ainsi. La mort d’un être aimé, d’un conjoint, d’un parent, d’un enfant, de frères ou sœurs est un évènement qui nous affecte en profondeur, qui demande du temps pour être accepté, pleinement vécu et surmonté.

N’y avait-il pas une certaine sagesse dans les anciennes traditions qui fixaient le temps du deuil, puis du demi-deuil, suivant le degré de parenté ?  Il ne faut pas nous étonner que fleurissent sur internet des sites consacrés au deuil où les personnes peuvent s’épauler, avoir des conseils pour traverser cette étape inévitable.

Le grand rabbin de France Gilles Bernheim décrivait les coutumes juives d’accompagnement des proches d’un défunt. Il expliquait par exemple que dans la tradition juive, on ne doit pas adresser en premier la parole à la personne récemment endeuillée. On doit attendre que celle-ci parle la première. Si son chagrin est trop grand, si elle n’a pas envie de parler, on doit la laisser. En effet, toute parole n’est-elle pas veine devant la tragédie que représente la perte d’un être aimé ? Etre seulement là, apporter une présence amicale. En revanche, Gilles Bernheim conseillait, si l’on a bien connu le défunt, de prendre le temps d’écrire à ceux qui restent quelques souvenirs, une anecdote, ce que nous avions vécu avec le disparu. Les écrits peuvent être lus plus tard, dans la période de deuil qui ne fait que commencer et sont alors d’un grand secours lors des inévitables passages dépressifs qui suivent le décès d’un proche. C’est une belle leçon de sagesse !

Nous chrétiens, avons des rites qui accompagnent le défunt. Le dernier adieu, avec l’encensement du corps par le célébrant, puis la bénédiction par toute la communauté permet de ritualiser la séparation. Le défunt est remit à Dieu. Ce rituel anticipe symboliquement tout le travail du deuil et nous savons à cette occasion manifester notre compassion.

Mais pour les proches qui subissent le deuil, ce n’est que l’entrée dans cette longue période de deuil, tout reste à faire. Alors sachons accompagner celui qui vit de près ce bouleversement. Il ne peut se faire sans une déconstruction, une partie de lui-même est morte avec la personne disparue. C’est nous les vivants, par notre présence, notre affection, notre écoute bienveillante, qui vont permettre aux proches, de s’extraire de cette confusion entre le monde des vivants et celui des morts. Cela va leur demander un travail intérieur gigantesque et long.  Sachons les accompagner dans la patience, c’est à ce prix qu’ils pourront se reconstruire, qu’ils pourront vivre une nouvelle naissance.

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