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10/06/2011

L’homme politique est-il un modèle ?

Notes pour le trois minutes du jeudi 2 juin 2011 pour rcfjerico :

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Les derniers scandales d’hommes politiques ont fait la une des journaux. Il parait légitime de s’interroger sur un tel engouement pour des actes qui somme toutes, ne relèvent que du fait divers plus ou moins sordide. Hormis l’attrait pour tout ce qui touche les questions de mœurs, ne doit-on pas considérer que l’homme politique, parce qu’il est placé bien en vue, à la tête du peuple, joue le rôle de modèle et engage par ses actes beaucoup plus que sa seule personne.

C’était déjà la préoccupation de Philon d’Alexandrie quand il écrivit son livre sur le personnage biblique de Joseph. Philon est un exégète juif de la première moitié du 1er siècle après J.-C. vivant à Alexandrie et ayant fait sienne  la culture grecque de son temps. Il a profondément inspiré les premiers pères de l’Eglise, en commençant par Origène, puis Grégoire de Nysse pour n’en citer que quelques uns.

Philon fait de Joseph, le fils de Jacob, devenu intendant de la maison de Pharaon, la figure de l’homme politique. Pour l’Alexandrin, l’homme politique, de par sa seule position, apparaît naturellement au peuple comme un modèle. Celui-ci cherche un dirigeant et quand il le met à sa tête, il tend à imiter l’exemple mis en avant. Or, pour Philon, le peuple est le plus souvent ignorant de la vérité et par conséquent, lorsque le souverain qu’il suit est mauvais et corrompu, il adopte de mauvaises mœurs. En revanche, lorsque l’homme politique est bon, le peuple suit l’exemple vertueux qu’il a sous les yeux.

Philon ne se contente pas de dire que seul l’homme vertueux constitue un modèle pour son peuple. Il remarque que, quelque soit la vertu du souverain, la foule semble toute disposée à suivre le modèle qu’elle a sous les yeux. Même si le bien et le mal ne sont pas placés au même niveau, les hommes suivent le modèle négatif, parce qu’ils ne cherchent pas une vérité objective mais sont encouragés dans leur mauvaise conduite. En revanche, le modèle vertueux s’impose avec force et évidence.

Dès lors, pour Philon, il est impératif à l’homme politique de cultiver la tempérance et de s’engager sur le chemin de la vertu. En effet, l’homme politique doit constamment établir un équilibre entre le monde de l’apparence, le désir de faire plaisir à son peuple et l’exigence de la vérité et de la justice qui l’habite et qu’il doit cultiver. Philon fait remarquer que, si Joseph porte la tunique multicolore offerte par son père, c’est parce que la réalité politique est bariolée et variée et qu’elle doit s’adapter aux circonstances toujours changeantes du monde.

La séduction de la foule est représentée par la femme de Putiphar, intendant de Pharaon. Comme bien souvent dans la bible, c’est une femme qui représente le peuple entier. Elle tente de séduire Joseph et celui-ci lui résiste. Situation parfaitement inverse, et cela ne nous étonnera pas, de celles présentées actuellement dans les journaux !

Visiblement, ce type de réflexions ne fait pas partie de la formation de nos hommes politiques. Tant de problèmes urgents accaparent leur esprit qu’il ne leur reste plus de temps pour cultiver la sagesse. Quel dommage ! Mais peut-être qu’enfin, libérés par une démission forcée de toute activité politique, dans leur prison ou leur retraite dorée, ils trouveront un moment pour méditer avec profit de semblables textes ?

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Écrit par : Martine | 29/09/2011

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