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09/04/2011

L'impermanence de l'actualité

Trois minutes du jeudi 7 avril 2011 pour rcfjerico :

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Sans cesse, nous sommes pris dans le tourbillon de l’actualité. Une nouvelle en chasse une autre dans une précipitation sans fin. Les choses apparaissent puis disparaissent du devant de la scène sans que l’on puisse vraiment donner du sens à ce qui se passe. 

Pendant longtemps, seuls des articles spécialisés parlaient de la situation en Lybie, puis tous les media s’y intéressent. Arrive le tremblement de terre au Japon et le tsunami qui suit. De nouveau, l’intérêt retombe.  Et il était prévisible que le colonel Kadhafi profite en quelque sorte de l’accalmie pour bombarder son propre peuple. Alors, bien sûr, plein feu sur la Lybie, mais on oublie Fukushima d’où s’échappent néanmoins  toujours des vapeurs radioactives. Le tout entrecoupé de nouvelles parfaitement sans conséquences mises sur le même plan.

Quelle difficulté pour nous auditeurs, de déceler les priorités, de discerner ce qui est vraiment important de ce qui ne l’est pas. Un ami m’avait dit il y quelques années que ce n’était pas la peine d’acheter le journal puisque sa durée de vie n’était que de 24 heures et qu’il était bon à jeter après. Bien sûr c’était une boutade qui m’avait amusée. Et pourtant, n’est ce pas la durée réelle de certaines nouvelles émises par l’agence France Presse et reprises en boucle par tous les média dans des termes analogues ?

J’étais encore imprégnée de toutes ces réflexions quand j’ai visité la très belle exposition Chagall et la Bible à Paris, au musée d’art et d’histoire du Judaïsme.

Que Chagall ait merveilleusement illustré la Bible, cela est un fait connu, mais ce qui intéresse notre propos aujourd’hui, c’est que le matériau biblique lui permet de faire une lecture de son époque tout à fait pertinente et parfois même visionnaire.

Par exemple, quand Marc Chagall, qui est Juif, dont le grand père fut un rabbin hassidique, peint  Jésus ; c’est d’une grande liberté pour l’époque. En 1930, c’est en avance sur le travail des historiens de la Bible et des exégètes, il en fait un véritable juif, n’hésitant pas pour cela à le représenter avec les attributs de la prière juive que sont les phylactères. De plus, comme un appel déchirant à la conscience chrétienne, il représente un Jésus crucifié qui incarne le peuple juif dont il pressent la destruction. Et quand dans un tableau comme l’exode,  à la suite du crucifié marche tout un peuple c’est, dans une vision plus large, tout l‘humanité souffrante qui est représentée. Par sa peinture, il a été  non seulement l’artisan d’une réconciliation entre juifs et chrétiens mais également un messager de paix entre les hommes. Il le dira lui-même : « ces tableaux ne représentent pas le rêve d’un seul peuple mais celui de l’humanité ».

Oui vraiment, la Bible, sans changement depuis tant de siècles est bien la seule bonne nouvelle qui ne se démode pas et qui permette, encore et toujours, et à chaque époque une lecture pleine de sens. Chagall ne s’y est pas trompé et son exemple nous est précieux. Et si, nous aussi, un peu moins avides de nouvelles éphémères, nous les relisions autrement, imprégnés par nos lectures bibliques, pour leur donner un sens plus profond ?

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